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Le platine
Publié le 11 novembre 2008
par Marie-Dominique Sassin
Au XVeme siècle, éblouis par l'or et les pierres précieuses qu'ils découvrent en posant le pied sur le Nouveau Monde, les Conquistadores, négligent de s'intéresser à un métal blanc qu'ils prennent pour une sorte d'argent mineur et baptisent platina (petit argent)...
Il faut attendre 1748 pour que l'on parle pour la première fois du platine dans l'histoire européenne. A partir de cette date des savants anglais commencent à s'intéresser à ce matériau jusqu'alors inconnu et constatent ses propriétés physico chimiques. A l'époque les connaissances évoluant rapidement, Allemands et Français les rejoignent dans leurs recherches et parviennent à obtenir un métal relativement pur, puis à rendre compte de sa malléabilité jusqu'à le transformer en feuilles, puis en fil montrant ainsi son extraordinaire ductilité.
Juste avant la Révolution, un orfèvre de la cour de France, Marc Etienne Janety, met au point une nouvelle méthode permettant d'obtenir sans adjonction d'arsenic, un platine particulièrement malléable avec lequel il fabrique alors des objets précieux, (comme ce sucrier aujourd'hui conservé au Metropolitan Museum of Art de New York), avant d'être chargé quelques années plus tard par le gouvernement républicain de réaliser les étalons officiels des unités de poids et de longueur du système métrique décimal.
Jusqu'en 1825 les quantités de platine fondues, affinées et travaillées sont minimes. Tout le platine du monde provient de Colombie et est donc propriété de l'Espagne. Mais à partir de cette date, commence l'exploitation des mines russes de Oural dont les gisements vont peu à peu remplacer la production sud-américaine. Le roi Charles III passionné pour les charmes mystérieux de ce nouveau métal offre au pape Pie VI un calice pesant près de 2 kilos (conservé au Musée du Vatican). Son fils, Charles IV fait réaliser au palais royal d'Aranjuez, un Salon de Platine, en opposition aux Salons d'Or, désormais beaucoup moins originaux.
L'impératrice Marie-Louise, seconde femme de Napoléon 1er a quant à elle, fait broder de fils de platine très fins ses somptueuses robes de cérémonies, préfigurant la mode des bijoux en platine qui n'est apparut vraiment qu'un siècle plus tard.
Ainsi, avant d'être reconnu comme le roi des métaux, le platine commence par devenir le métal des rois. Juste retour des choses puisque l'on découvre alors que les Incas confectionnaient déjà parures et objets de cérémonie en platine. 30 fois plus rare que l'or, inoxydable, inattaquable par les acides, très résistant, réfractaire à la chaleur, dur, malléable, anallergique, le platine ne possède que des qualités. Mais aussi un défaut : son prix. Son extraction et son affinage présentent des difficultés infiniment supérieures à celle de l'or et nécessitent des investissements plus considérables et à plus long terme.
En joaillerie, il connaît une extraordinaire période de splendeur dans la première moitié du XXe siècle, avec Cartier, Tiffany et Fabergé notamment, mais en 1940, en raison de ses multiples usages industriels et de son importance stratégique, il est réquisitionné à des fins militaires dans tous les pays belligérants avant de disparaître complètement du marché.
Aujourd'hui ce métal précieux dont la majeure partie provient des mines d'Afrique du sud, est à nouveau à l'honneur chez les grands joailliers.

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