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Camées et intailles
Publié le 24 février 2009
par Marie-Dominique Sassin
Graveurs hors pair sur pierres et or, les Grecs de l'antiquité nous ont légué le mot glyptique, qui recouvre la gravure en creux (intailles) et la sculpture en relief (camées)...
Cette technique a également atteint un très haut niveau chez les Romains, sur des pierres stratifiées, de diverses teintes, dont l'agate (recherchée pour ses couches régulières et parallèles) l'améthyste, le jaspe, la cornaline, l'onyx.
Symboles de la passion amoureuse, les camées aussi bien chez les Grecs que chez les Romains, étaient offerts comme talismans ou comme gage d'amour et les sculptures qu'ils contenaient véhiculaient des messages bien précis. Cupidon-Eros était souvent représenté comme un garçonnet facétieux prêt à blesser avec son arc et ses flèches, mais on faisait également sculpter des animaux, des fleurs, des personnages et surtout des portraits de divinités, de l'empereur ou de l'être aimé.
La mode des portraits sur camées s'est ralentie au Moyen Age pour renaître en Italie sous la Renaissance et s'est étendue à la France puis à l'Angleterre. En 1520 à Paris, dans les deux tailleries de pierres précieuses installées sur la Seine, on exécutait de nombreux camées-portraits de François ler, tandis que vers la seconde moitié du XVIe siècle, en Angleterre, Elisabeth ler offrait des broches camées à son effigie en échange de faveurs ou de services rendus.
Plus tard Napoléon ler, grand amateur de camées et d'intailles (la couronne de son sacre était faite de camées) institua une école spéciale afin de favoriser la gravure sur pierres fines.
Au milieu du XIXe siècle sont apparus les premiers camées en corail, lave ou jais, ainsi que les camées coquille, sculptés dans des coquillages marins. Plus tendres, plus faciles à travailler et par conséquent moins onéreux, ils eurent beaucoup de succès pendant tout le XIXe siècle.
Au début du XXe siècle, on recensait à New York une soixantaine de tailleurs de camées, pierres et coquillage confondus. Aujourd'hui, les camées coquille sont essentiellement sculptés en Italie, à Torre del Greco dans la région de Naples. Mais les nouvelles techniques permettent désormais de tailler les agates et autres pierres aux ultra sons et au laser, à Idar Oberstein notamment, haut lieu du marché des pierres de couleur.
L'appellation camées véritables est donnée aux sculptures en bas relief, exécutées exclusivement à la main, sur des matériaux naturels tels que pierres précieuses, fines ou dures, ainsi que bois et coquillages.
Les sculptures en bas relief que l'on trouve sur des bijoux en biscuit (tel Wegdwood), résine, ambre, plastique, marbre, os ou verre par exemple, sont considérés comme de faux camées.
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