Publié le 25 mai 2009
par Marie-Dominique Sassin
Il y a 40 ans, le petit monde de la bijouterie joaillerie française se divisait en deux parties. D'un côté les grandes maisons, presque toutes dirigées par un descendant du créateur et spécialisées dans la réalisation de parures uniques et élitistes. De l'autre les bijoutiers de quartier proposant bagues, bracelets et colliers de facture classique, inspirés des créations des premiers.
Le choc pétrolier des années 70 a fragilisé les grands joailliers qui n'ont pas réussi à se remettre en question. Cartier vendu à un groupe d'investisseurs en 1973 a été le premier à imaginer des bijoux plus accessibles, les fameux Must, avec le succès que l'on connaît.
A l'exception de Mellerio dits Meller, toutes les grandes maisons joaillières françaises et familiales de la place Vendôme qui existaient encore (Van Cleef & Arpels, Fred, Chaumet, Boucheron, Mauboussin...) ont peu à peu été rachetées par des groupes (Richemont, LVMH, PPR...) tandis que naissaient de nouvelles marques issues de la mode comme Dior Joaillerie (LVMH) ou Chanel Joaillerie. Mais en privilégiant le marketing à outrance, et en affichant des prix parfois un peu trop hauts de gamme, ces grandes marques qui ont vu leurs points de vente décupler à travers le monde, ont aussi ouvert la brèche à des concurrents qu'ils pensaient pouvoir ignorer : les artisans joailliers créateurs (artistes ou designers) dont beaucoup, en quelques décennies, ont acquis une excellente réputation.
Malgré la crise, ces nouveaux joailliers sont de plus en plus nombreux à occuper le marché. A l'image de Louis Cartier, Frédéric Boucheron, Joseph Chaumet, Georges Mauboussin ou les frères Arpels qui imposèrent leur style au début du siècle dernier, ils savent capter l'air du temps, et ont bien compris qu'en ce début du XXIe siècle, les femmes et les hommes, en quête d'originalité, recherchent davantage des modèles uniques ou en série limitée, d'où le succès croissant du Vintage et des bijoux proposés en salles des ventes. A qualité égale, aucune grande marque aujourd'hui ne peut vendre une pièce unique au prix proposé par un artisan joaillier créateur. Et c'est là toute la force de ce dernier !
Photo : Roméo Ballacourt











