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Les bagues COCKTAIL
Publié le 25 novembre 2009
par Marguerite de Cerval
Tout est dans le mot. Cocktail . Deux syllabes, une vraie sonorité, parfaitement bilingue, un brin de rêve dans le luxe de l'éternel gala qu'est la vie : un produit marketing comme on les aime ! On peut dire cocktail ring et on se croit à Broadway ! D'autant plus qu'il n'appartient à personne, ce mot, il se déplace à travers toutes les marques : De Beers, Gucci, Piaget, Bulgari, Buccelati....
Il y a encore de la place !
Vues de près, elles sont surprenantes. Par le volume, généreux, extraverti, sortant du cadre habituel. Par les couleurs éclatantes, audacieuses : minimalistes s'abstenir. Par la fantaisie : choux, hiboux, cailloux y figurent , l'univers de la nature dans toute son exubérance. Elles existent, de fait – c'est-à-dire sans le mot – depuis quelques années chez Dior, avec les créations de Victoire de Castellane qui privilégie la flore. Lorenz Bäumer, qui se dit architecte, jardinier et poète, aime bien les cocktails à base de légumes. Lydia Courteille avoue un faible pour la faune : d'ailleurs, elle sait faire parler les animaux.
Si les pierres précieuses se révèlent vraiment inabordables, on a le recours des pierres fines. De toutes façons, il n'y en a jamais assez car l'un des charmes de la bague cocktail, en dehors de son opulence, c'est d'éviter de passer inaperçue. Finis les passe-murailles.
Mais où donc ont-ils pu trouver tout ça ? Direction... vintage ! C'est là où se trouve la véritable découverte : au cœur des années 50, dans l'après-guerre qui cherche à se griser d'émotions et d'un peu de frivolité afin d'exorciser son douloureux passé. Qui sont les véritables inventeurs des bagues cocktail ?
Ils vivent entre Paris et New York. Ce sont Verdura, Schlumberger et Marchak. Ce sont des virtuoses : Verdura , le sicilien, osant les volumes insensés de ses bagues, flirtant avec les styles flamboyant et baroque ; Schlumberger qui célèbre la nature, la réinvente et la fait éclore. Enfin Marchak, le plus parisien des trois, bien qu'il ait gardé en lui le souvenir des polychromies de sa Russie natale. Les américaines ont l'âme chavirée par ses bagues dissymétriques aux coloris saisissants. Elles sont si heureuses de glisser à leurs doigts leurs cocktail rings, qu'elles savent être des festins de reines...
Marguerite de Cerval est historienne, auteur du Dictionnaire International du Bijou et de Marchak tous deux parus aux éditions du Regard.
Liens connexes :
- Pour acheter la bague Manhatan de Amal
- Pour acheter la bague l'oiseau à l'étang de Marc Alexandre
- Dior Joaillerie
- Marchak
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